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Table ronde du quarantième

  

Qu'ont-ils dit à la table ronde du 13 août 2011:

"Les Amis des Contamines, 40 ans passés, 40 ans à venir"...

 

La table ronde était orchestrée par notre modérateur Vincent Renard, guide de haute montagne, directeur de recherche au CNRS, conseiller à la direction de l'IDDRI-Sciences Po.

 

Les personnalités présentes :

Jean Marc Peillex, conseiller général et maire de St Gervais.

Jean Louis Mollard, maire des Contamines.

Ségolène Jacqueau, présidente d’honneur de notre association.

Jean Jacques Keller, membre de notre association et très ancien résident secondaire.

Alain Noblet, qui représente « les Amis de la Réserve naturelle ».

Nicole Demargne, présidente de l’association "Histoire, Mémoire et Patrimoine du Val Montjoie".

David Mermoud, 1er adjoint au maire.

Luc Vauthier, adjoint au maire.

Firmin Mollard, guide de haute montagne.

Alain Ronchail, guide et commerçant.

Bernard Mollard président de la SECMH.

Jean-Christophe Dominguez, président de l’Office de Tourisme.

 

Philippe Duris : Cette table ronde a pour objectif de rappeler le passé bien sûr, mais surtout d'envisager l'avenir. Il y a 40 ans le futur de la station était tracé : c'était le développement des sports d’hiver ; tout le monde n'était pas d'accord sur les méthodes, mais tous se retrouvaient sur le fond. L’évolution actuelle n’est pas aussi claire. Est-il raisonnable de tout attendre du tourisme ? Faut-il élargir l'éventail des distractions à la montagne ? Faut-il développer l’agriculture et l'élevage ? Pendant ces quarante années passées, il y a eu quantité de constructions d’habitats : 15000 lits avec beaucoup de lits dits froids et la disparition d’hôtels. Dans sa structure, le village n’a pas beaucoup changé. Il reste harmonieux, familial avec de petites constructions, sans tours, barres et autres bâtiments agressifs… Le domaine skiable a trouvé ses limites dés 1973, avec les remontées de Belleville et de la Ruelle : les 2 versants du col du Joly. Ensuite, les réalisations ont concerné le confort, la sécurité, l’amélioration des débits, l’enneigement artificiel… Le dernier projet fut le téléski du Véleray en 1988, amorce pour une liaison future. Par contre, les équipements de sports et de loisirs se sont considérablement développés avec la base de loisirs du Pontet, les tennis, les jeux d’enfant, l’accrobranche, le practice de golf, le lac de baignade, le rocher d’escalade de la Duchère, l’équipement du ski de fond et le stade de biathlon, le stade de slalom "François Bonlieu" sur Montjoie, le nouveau refuge des Conscrits, le refuge de Plan glacier, etc… Toutefois, on remarque que la station très bien équipée pour une grande diversité de loisirs, reste sous équipée pour les lieux de détente ou de loisirs par mauvais temps : cinéma maintenu en vie grâce à la municipalité, plus de discothèque… La mise en valeur du patrimoine n’a pas été oubliée : création de la Réserve naturelle en 1979, restauration de l’église du village, restauration du rosaire de ND de la Gorge, création du sentier du Baroque et du sentier du Val Montjoie, restructuration de l’église de ND de la Gorge.

4 points seront abordés : l’action culturelle, les équipements et événements sportifs, l’environnement et les équilibres naturels, l’urbanisme et les constructions.

Vincent Renard se souvient de l’obsession du plan neige dans les années 50 : il fallait tout connecter à tout, évidemment faire la route vers le col du bonhomme, et tout de suite avoir accès au Beaufortin et c’était l’objet d’un consensus généralisé. À l’époque, il y avait de l’argent. Aujourd’hui tout a changé. Où est le curseur ? Protection de la nature, développement, équilibre qui continuera de se modifier.

 

1 - Action culturelle

Nous commencerons cette table ronde par le sujet sur lequel le consensus est facile : l'action culturelle. Nicole Demargne, vous présidez une association dont les objectifs sont essentiellement patrimoniaux et culturels ; qu'avez-vous à nous dire à ce sujet ?

Nicole Demargne : L'association "Histoire Mémoire et Patrimoine du Val-Montjoie", créée en 2004, compte environ 40 adhérents. C’est l’exposition sur Alexis Bouvard en 1993 qui a fait prendre conscience de la richesse des documents familiaux en possession des contaminards, puis l’exposition sur "l’école d’hier" en 2004. Ce riche patrimoine, privé et public, montra la nécessité d’une association pour l'inventorier.

C’est sans nostalgie ni passéisme ni chauvinisme qu’elle s’enracine dans le présent en lui donnant un sens. L’Association se veut une passerelle ouverte entre le passé et le futur.

Elle a réalisé plusieurs expositions avec l’aide de subventions de la Mairie et du Conseil Général : "les Poilus" en 2006, suivie de : "1900–1960 : 60 ans pour grandir" en 2008. 4 brochures et 2 diaporamas ont été réalisés à cette occasion. Puis cette année, "les Contamines-Montjoie sous l’œil des peintres amateurs et professionnels". Merci aux résidents pour les nombreuses photos et œuvres transmises ; sachez que l’association recherche toujours photos et documents que vous pourriez lui transmettre.

Les projets :

Réaliser un petit musée d’objets ruraux.

Une brochure sur les éparons

Une nouvelle expo sur les colporteurs et les élites de l’immigration contaminarde et sur la guerre de 14-18 pour son centenaire.

Restaurer les films de l’abbé Babbaz

David Mermoud : le Patrimoine a pris beaucoup d’importance depuis une vingtaine d’années ; il y a 20 ou 30 ans, dans nos maisons, il n’y avait pas de vieux objets, et les vieux meubles n’étaient pas mis en valeur. Les gens préféraient avoir du Formica et les familles se sont démunies de leurs vieilleries : objets, papiers, vêtements. Dans les années 80 encore, le Patrimoine n’était pas à la mode comme actuellement. Ce n'est qu'aujourd’hui que l'on constate cet intérêt grandissant pour le Patrimoine. Il est important de savoir qui on est et d’où on vient. Nous sommes en 2011, mais pas dans une situation figée. Il y a toute une histoire derrière : il faut regarder les vieilles photos : même celles des années 70 sont déjà inscrites dans le Patrimoine. Les Contamines est une station qui a une histoire derrière elle, d’où l’importance des brochures pour garder des traces. Il y a peu de témoignages des années passées. Les gens avant nous avaient un Patrimoine qu’ils nous ont peu transmis. La mémoire est donc importante.

Luc Vauthier : le Patrimoine a d’autres fonctions : venir aux Contamines et se cultiver ; il propose des moyens de médiation, par exemple des chemins à thème, c'est-à-dire marcher autrement en comprenant ce qu’il y a autour. C’est l’enjeu des années à venir.

Alain Noblet : il faut entretenir et transmettre la mémoire, afin que notre "bibliothèque" ne s’en aille pas.

Philippe Duris : parmi les activités présentes aux Contamines, celles concernant la musique pourrait être développées ; pourquoi ne pas promouvoir un festival comme dans de nombreux villages alentour ?

 

2 - Equipements et événements sportifs

Le développement des remontées mécaniques a joué un rôle important dans l'évolution du village. Bernard Mollard, pouvez-vous nous retracer la politique de la SECMH pendant ces dernières années ?

Bernard Mollard : Il y a 40 ans, le domaine était déjà bien délimité. Grâce au développement immobilier, on a pu moderniser les installations. Mais actuellement il y a une diminution de la fréquentation. On perd 100 à 150 lits chauds chaque année. L’évolution des lits est nécessaire pour de futurs gros investissements : il faut augmenter les lits chauds (ceux qui sont proposés à prix marchand toute l’année). Concrètement, les projets d’avenir sont encore de moderniser certaines installations comme Bûche Croisée et le télésiège de Roselette, puis de renouveler les télécabines. Ceci représente un budget colossal (10 a 20 fois le budget initial), notamment à cause de l’augmentation importante du prix des matériaux, des métaux, et de l’évolution des normes beaucoup plus exigeantes pour assurer l’augmentation de la qualité comme de la sécurité. Le nouveau télésiège de Nant Rouge a coûté 7 millions d’euros, c’est le même budget pour Bûche Croisée.

Le 2ème phénomène important pour l’avenir est la neige. La neige de culture est souvent critiquée, mais il n'y a aucun additif chimique et la neige de culture n'est composée que d'eau.

La notoriété des Contamines existe et elle est bonne ; mais elle est un peu jeune pour les investisseurs. La liaison avec St Gervais permettra de se faire un nom avec une grande entité (seulement 120 kms de pistes actuellement). Il y a des recettes des 2 cotés donc un axe d’avenir pour les Contamines et pour Saint Gervais. Cependant, les règles pour construire des remontées sont drastiques : les études d’impact sur l’environnement, le futur Grenelle III vont rendre de plus en plus difficile la mise en oeuvre des projets futurs.

Jean-Christophe Dominguez : l’essentiel a déjà été dit. L’Office de Tourisme est entre 2 chaises : l’accueil des touristes en premier, et le côté économique ensuite. On ressent les difficultés, avec, comme cette année, un hiver déplorable et une météo difficile en juillet. Il nous manque des équipements, donc on se retourne vers la mairie. Il faut arriver à un consensus entre la SECMH, les avis des résidents secondaires, et les problèmes économiques. Il manque des équipements aux Contamines, mais il faut parfois choisir entre construire des logements ou des équipements. La liaison est un beau projet : les clients vont tourner entre les Contamines et St Gervais ; il faut aller de l’avant, enlever les freins au changement, ne pas vendre que du reblochon mais aussi du ski et d’autres équipements ; il faut trouver des consensus. On vend notre cadre et notre savoir faire, mais il faut aussi dépasser nos 120km de pistes. Il ne faut pas qu’il y ait trop de freins. Il faut des événements qui deviennent initiateurs d’une nouvelle population. Il faut des équipements pour cela ; la salle communale est peut-être sous utilisée. Il faut que tout le monde aille dans le même sens.

Jean-Marc Peillex : l’époque n’est plus la même qu’il y a 40 ans. Depuis il y a eu la mondialisation, l’Europe, l’intercommunalité… Il n’y aura pas d’absorption des Contamines par St Gervais et chacun est attaché à ses racines. Les actions communes entre les deux municipalités se feront dans un monde économique adapté et cohérent. La liaison n’est pas une question de plaisir ou pas, c’est une question de vie ou de mort : sinon, le Val Montjoie deviendra "une réserve d’Indiens"… Il ne faut pas être égoïste.

Firmin Mollard : les guides accueillent depuis longtemps le monde entier ; des communes se sont entendues depuis longtemps avec succès. Il faut essayer, même si ce n’est pas notre penchant naturel, de s’entendre au-delà des frontières. Le métier de guide est difficile, mais il y a de la relève. Il y a eu de beaux projets comme la création de l’école d’escalade de la Duchère qui est un grand succès.

Alain Ronchail, quel est l'avenir des commerces aux Contamines ?

Alain Ronchail : les commerçants rencontrent beaucoup de difficultés financières et les liquidations sont hélas trop fréquentes. Le nombre de semaines d'activités diminue, la concurrence d’Internet s’intensifie, donc actuellement pour s’en sortir un commerçant doit être super pointu et très attentif. Le renouvellement de clientèle, avec le manque d’hôtel, l'insuffisance du nombre de lits chauds,.est compliqué. Le travail est limite dans le temps : Noël, très peu en janvier, 3 semaines en février et puis Pâques, toujours incertain. Au niveau du commerce, entrevoir une route entre Saint Nicolas et les Contamines pourrait donner un élan supplémentaire. Mais JM Peillex dit que le projet est irréalisable car il y a trop de risques naturels à traverser. Le conseil général ne financerait pas une telle opération. Le réalisme est de trouver d’autres modes. Les départements et leurs sources de financement vont disparaître. Ce sont les Grenoblois qui décideront pour les Contamines. On peut pallier ces insuffisances en rétablissant les chemins communaux. En outre, le futur Grenelle III va interdire de faire de nouvelles routes, de nouvelles remontées. Il y a 8 départements dans la région Rhône-Alpes. Il faut donc trouver localement les solutions. La difficulté est que l’on s’est focalisé sur des projets grandioses quand il faut rester sur des projets réalistes et réalisables. Économiquement, la seule solution est de penser des projets pragmatiques. La liaison par le haut du Mont Joly est un projet ancien qui financièrement et du point de vue environnemental est acceptable. Il représente un investissement moitié de celui du télésiège de Nant Rouge. Cela rendra lisible la station des Contamines et son domaine skiable à l’extérieur. On a aussi ouvert la concurrence, car en termes de sites touristiques, avec 120 Kms de pistes, on est inexistants. Donc il faut faire du concret.

Gilberte Mermoud, hôtel du Gai Soleil et Alain Ronchail : il y a une demande des clients pour avoir un gros-porteur menant directement au Signal. Cela apporterait un confort certain.

Bernard Mollard : cela représenterait un énorme investissement, de l’ordre de 30 millions d’euros, et ne résoudrait pas le problème du débit, car il faut de toute façon pouvoir s’arrêter à l’Etape (cours, restauration, résidents). Autre inconvénient : si le vent souffle en haut, tout le tronçon sera pénalisé et non seulement le 2ème. Le problème de saturation au départ restera le même avec un gros porteur. Par contre quand viendra le renouvellement des installations, la question se posera. Aspect économique: il ne servira que pour monter une fois.

Les familles et les enfants posent certes un problème. Les changements de cabines sont difficiles. Il faudrait créer un beau terrain de jeu à l’étape. La neige ne manque pas.

 

3 – Environnement et équilibres naturelles

Durant ces quarante années passées, l'intérêt pour la nature et la protection de l'environnement n'a fait que croître. Alain Noblet, parlez-nous de la Réserve.

Alain Noblet : la réserve naturelle a été crée en 1979. Nature, culture et patrimoine sont des vecteurs économiques importants. Enrichissement mutuel. Il convient pour l’avenir de regarder au plus près. La réserve naturelle est génératrice d’économique. Le village protège la réserve et inversement.

 

4 – Urbanimes et constructions

Le temps passe ; il faut aborder le 4ème volet de notre table ronde.

C’est le développement de l’urbanisme qui a permis le développement des équipements. Est ce un effet de levier qui peut être encore efficace actuellement ? Les lois facilitent-elles ou non le développement ? Comment réagissent les associations ?

Jean-Louis Mollard : La commune envisage de développer le biathlon dans le parc nordique pour le faire vivre toute l’année. Elle n’a pas de terrain pour attirer des promoteurs ou des aménageurs. La réserve représente 2/3 de la commune. On peut espérer vivre dans le tiers qui reste et développer nos activités. On rêve de donner des lits chauds à la commune. Depuis 2008, une résidence de tourisme était à l’étude. C’est une opération qui va voir le jour en 2013 à la ZAC du Plane. Cela va apporter un plus au village. Cela va redonner le sourire aux commerçants. Il est question de 500 lits. Depuis 30 ans on parle aussi de la réorganisation du centre du village. On est sur la bonne voie. Bon espoir de voir arriver un hôtel dans le centre des Contamines. On est toujours dans les discussions. Hélas il faut trouver encore des financements. Il y aura une réunion fin aout pour montrer le projet. Il faut redonner vie au centre du village. Car après 20h tout est fermé.

Jean-Jacques Keller : L’ancien pourrait-il servir au futur ? La Pierre du Lario est une magnifique stèle romaine qu’un paysan a trouvée au col de Voza. Elle est gravée et mesure 80X40cm. Il y avait à cet endroit disputes entre les occupants de Chamonix et ceux du Val Montjoie Ceutrons et Allobroges. Cette borne depuis plusieurs années est exposée dans une niche au hameau des Plagnes. Si la commune voulait la mettre en valeur pour développer le tourisme cela serait une bonne idée. D’autre part, pourquoi ne pas développer l’idée d’un thème autour des romains (ponts, voie, stèle) ?

Jean-Marc Peillex : Le Col de Voza est sur Saint Gervais. L’important est l’unité du Val Montjoie. Nos intérêts sont très liés. Le patrimoine naturel est important. Cette stèle n’a rien à faire là. Il faudrait faire plus pour la mettre en valeur. Dans nos vallées, il faut mettre en valeur le patrimoine naturel et le bâti. Il ne faut pas fossiliser les choses. Il faut utiliser des niches bien particulières. Notre patrimoine naturel est sous exploité. On est respectueux de l’environnement, mais l’homme doit continuer à vivre dans ce milieu.

Ségolène Caillet : En ce qui concerne la Combe d’Armancette, qu'y a t il de prévu en amont ? D’autre part, quel risque naturel présente le glacier de Tête Rousse. ? Quels risques peut-on accepter ?

Jean-Louis Mollard : Rien de précis encore pour l’Armancette. 200.000 m3 de lave torrentielle sont descendus en 2005 ; des travaux sont à l’étude pour créer un bassin d’arrivée d’eau, mais ceci impliquerait de supprimer le parking des Loyers et le jardin d‘enfants. Le PPR est en cours de révision.

Jean-Marc Peillex : À propos du glacier de Tête Rousse, le danger vient du fait que le glacier est une cuvette sans robinet d’évacuation naturelle possible. L’opération d’évacuation de l’eau de l’année dernière a coûté 2 millions d’euros. On n’a pas encore trouvé le moyen de vidanger cette cuvette par gravité. Il n’y a pas eu beaucoup de précipitations cet hiver et pourtant la poche s’est remplie de manière inquiétante. On fait de nouvelles études (radars et IRM) qui ont montré que la cavité principale était plus importante que celle laissée au moins d’octobre. Les mesures ont montré à nouveau en juin dernier un remplissage de 8.500 m3. 47.000 m3 ont été pompés l’été dernier (rappelons que lors de la catastrophe de 1892, la rupture d’une poche de 80.000 m3 d’eau avait engendré un torrent de 200.000 m3 et 1 million de m3 de lave arrivés au Fayet). Cette année, 500 000 euros d’études seront financés par les fonds européens et Barnier. 3 objectifs : un : déterminer l’origine de l’eau, deux : quel est le niveau à partir duquel il y a un risque d’explosion de la poche, trois : trouver un système naturel de vidange de l’eau. En sachant que, comme le risque augmente chaque jour, la commune est en train de relancer un marché public de pompage pour 2 millions d’euros. De toutes les manières les travaux concernant un moyen d’évacuation ne sont faisables que si la cuvette est vide. Heureusement le glacier de Tête Rousse est le glacier le mieux surveillé du monde. Et des mesures sont mises en place pour protéger les évacuations. C’est la première fois qu’on a dépensé une telle somme d’argent pour protéger et non réparer les effets d’une catastrophe naturelle. On a évité ainsi 3 à 4.000 morts …

 

Conclusion de Philippe Duris

Notre débat est très riche et il pourrait durer longtemps encore. Mais, il ne faut pas lasser les bonnes volontés et je vous propose de l'arrêter là. Je sais, beaucoup de thèmes n’ont pas été abordés par manque de temps : agriculture, artisanat, en particulier. S'il fallait dégager un mot de nos échanges, je proposerais le mot diversifier, et diversifier pas seulement les activités touristiques, mais diversifier toutes les ressources économiques de la vallée : l’artisanat, l’industrie, l’agriculture…

En tout cas, le Val Montjoie demeure une des plus belles vallées du monde, là est sa richesse ; soyons en conscients, protégeons la, celle-ci ne passera pas.

Merci à tous les participants.

Je vous invite à continuer ces entretiens autour du verre de l'amitié.

 

 


  

Plantations et habitations: Bernard Dubois nous fait part de ses observations

 

Au cours de la récente assemblée générale des "Amis des Contamines", Monsieur le Maire, nouvellement élu, a souligné avec insistance un problème qui ne fait que s'aggraver aux Contamines : celui de l'envahissement des zones habitées par des arbres de grande dimension, il a parlé de la descente de la forêt.

 

Alors que les photographies anciennes montrent que les habitants des Contamines prenaient soin d'assurer aux habitations un ensoleillement maximum, on voit aujourd'hui nombre de chalets à l'ombre de grands arbres. À l'époque de l'"écologie citoyenne", cette situation entraîne une surconsommation d'énergie. Dès que l'ombre des arbres arrive sur un chalet, on voit la température intérieure chuter et le chauffage compenser toutes les calories solaires gratuites gaspillées. On peut même voir certains chalets tellement enfouis dans les arbres que la lumière électrique est allumée en plein jour en été dans certaines pièces.

 

La météorologie des Contamines n'est pas celle du pourtour méditerranéen et il faut absolument dégager les habitations et chalets, même au nord. En outre, sur le seul plan de l'agrément, quelle tristesse et quelle frustration de manquer de lumière et de ne pas profiter des si belles perspectives qu'offre la vallée.Il faudrait donc que les Contaminards, et en premier lieu les résidents non permanents, comprennent que tous les arbres de grande dimension, tous feuillus et tous conifères confondus, doivent être proscrits à proximité des habitations. Celles-ci doivent être entourées, pour assurer la tranquillité souhaitée, par des espèces de faible hauteur ou par des arbres élagués.

 

Je pense pour ma part, que les "Amis des Contamines" devraient "rebondir" sur l'intervention de Monsieur le Maire et entreprendre une action pour que les habitants des Contamines aillent dans le sens souhaité par la municipalité. Je me permets de suggérer que le bureau des "Amis des Contamines" prépare un projet de "charte de bon voisinage" traitant de ce problème. Projet de charte qui serait proposé aux membres de l'association pour sa mis au point, puis soumis au vote de la prochaine A.G.. Cette charte, qui ne pourrait avoir qu'un caractère incitatif, montrerait la volonté de notre association d'aller dans le sens souhaité par Monsieur le Maire : le respect par chacun de l'environnement de son voisinage et la prise en compte des questions écologiques les plus évidentes.

 

 

Bernard Dubois - 17 août 2008

 

 


  

En mai 2008, Denis Le Chatelier a interrogé Bernard MOLLARD, alors Président de la SECMH après en avoir été PDG pendant 25 ans.Nous le remercions d'avoir répondu à nos questions.

 

Bernard Mollard

Vous avez été 25 années à la tête de la société d’équipement, pouvez-vous nous en retracer les grandes étapes ?

Lorsque j'ai pris ce poste de Président Directeur Général, les grandes lignes de l'équipement du domaine skiable étaient tracées. Mon action s'est portée sur la modernisation aussi bien technique que dans la gestion du domaine en étant précurseur ou au moins dans les premiers à utiliser des principes qui sont devenus partout la règle maintenant.

Voici quelques étapes de la montée en puissance de la station :

1982: Nouvelle Télécabine du Signal augmentation du débit de 450 à 1800 p/h, construction du télésiège de la Bûche Croisée

1983: Construction du téléski du Signal et du téléski du Choton.

1984: Construction du téléski du Plan.

1985: Nouvelle télécabine de Montjoie augmentation du débit de 600 à 2200 p/h.

1988: Construction du téléski du Véleray, dans la perspective d'une liaison avec Saint Gervais.

1990: Nouveau télésiège de Jonction augmentation du débit de 600 à 2200 p/h.

1991: Construction du Télésiège de Montjoie avec une augmentation du débit de 900 à 2400 p/h, construction du téléski des Foyères, début de la neige de culture.

1992-1994: Piste de retour vers la Gorge et enneigement du retour station.

1994: Construction du Télésiège débrayable des Tierces, augmentation du débit de 600 à 2400 p/h

1996: Construction du Télésiège débrayable du Col ,augmentation du débit de 600 à 2200 p/h. Construction d'un vaste espace d'accueil au Signal. Début de l'enneigement en direction de Montjoie et des Tierces.

1999: Reprise de la STBMA (remontées mécaniques du Bettex Mont d'Arbois)

2001: Construction de la Télécabine de la Ruelle, augmentation du débit de 700 à 1200 p/h mais surtout une possibilité de transport des enfants. Reconstruction du téléski de la Ruelle.

2002: Piste de retour à Belleville, enneigement de cette piste avec prise d'eau au barrage de la Girotte. Reprise de la SEMJ (remontées mécaniques de Saint Nicolas de Véroce). Rénovation de l' ETAPE.

2004: Transformation en débrayable du télésiège de Montjoie (amélioration du confort de transport des enfants et amélioration du débit réel. Transformation en télésiège de l'Aiguille Croche, augmentation du débit de 600 à 2300 p/h. Prolongation de l'équipement en neige de culture vers le Signal et Nant Rouge.

2006: Construction d'une retenue collinaire à Nant Rouge, extension de la neige de culture sur Nant Rouge et à la Ruelle; rénovation de l'Auberge du Télé.

2007: Extension de l'enneigement de la Ruelle au Col du Joly.

Sur SAINT GERVAIS et SAINT NICOLAS entre 2002 et 2007 construction de 2 télésièges débrayables, une retenue collinaire, 20 km de réseau de neige de culture.

2008 :La direction générale des 3 sociétés est désormais assurée par Jean Claude OLRY.

 

Quelles sont les qualités objectives selon vous du domaine et quels choix techniques ont été faits pour l’améliorer ?

La qualité des pistes et de leur entretien est un premier critère fondamental. Nous avons fait très tôt le choix d’un équipement ciblé et anticipé en neige de culture malgré un enneigement réputé, ce qui à permis de toujours offrir du ski sur toute la saison.

Les Contamines ont été la première station des Alpes et la 2ème de France à être certifiée ISO 9000. C’est aussi une des première station à avoir misé sur internet avec une webcam en direct et de l’information en temps réel.

La gestion économique a toujours été serrée ce qui à permis d'avoir un équipement important par rapport à la capacité de la station.( 24 appareils dont 4 télécabines et 7 télésièges dont 3 débrayables avec 3 TC, 3 TSD, 3 TSF construits ou reconstruits.). Des services complémentaires ,espaces d'accueil et de restauration ont été pris en compte comme faisant partie intégrante de noter offre globale.

Il faut noter par ailleurs le côté développement durable de la station qui est à mon sens méconnu : travaux de piste limités, ré-engazonnement, et surtout ce qui ne se sait pas et ne se voit pas, l'utilisation très tôt de produits non toxiques ou bio biodégradable, la collecte des déchets métalliques sur le terrain, le refus dès la première installation d'enneigement d'utiliser des additifs dans l'eau.

Sur le plan du paysage, la position suspendue du domaine skiable fait que l'impact visuel des équipements est réduit. Nous pouvons aussi être fiers je crois d'avoir été au delà de nos obligations en terme d'équipements notamment dans la neige de culture, sans avoir sollicité les finances communales.

 

Comment se positionne la station sur le « marché » hiver ?

Vers la fin des années 1990 nous avions évolué vers le 10ème rang en terme de fréquentation ; nous sommes maintenant au 30ème rang essentiellement selon moi à cause de:

- la disparition de nombreux hôtels

- la disparition des lits de collectivités et banalisés.

- la difficulté de plus en plus grande de louer un habitat dispersé

- une perte d'image perçue malgré des atouts naturels certains et indéniables mais très mal vendus auprès d'une clientèle certes skieuse mais également attirée par l’environnement naturel et les paysages.

Si ces disparitions de lits ou leur changement d'affectations fait partie d'un processus inéluctable, leur non remplacement ou réhabilitation dans la même activité entraîne une désaffection de la station très sensible surtout en dehors des vacances scolaires .

Depuis 15 ans les autres stations ont fortement accru leur offre d'hébergement ce qui nous à fait mécaniquement reculer du 15 ème au 34 ème rang dans le classement des sociétés de remontées mécaniques (représentatif de la fréquentation de la station). Nous subissons également une concurrence très forte sur le ski journée due à la montée en puissance des stations environnantes. En fait, Les Contamines stagnent depuis 2001 en nombre de jours-skieurs. Or, nous savons tous que pour pouvoir réaliser des équipements collectifs ou privés suffisants en nombre et en qualité, il n’y a pas d’autre moyen que d’augmenter la fréquentation donc les recettes.

Le chiffre d'affaire de l'ensemble du groupe est maintenant de 20 millions d'euros répartis à 70/30 en 2000 (70 % pour les Contamines, 30 % pour Saint Gervais) et 50/50 environ aujourd'hui grâce à la progression de Saint Gervais.

 

Quels sont pour vous les atouts touristiques des Contamines ?

Les Contamines possèdent presque tous les atouts dont peut rêver une station de montagne : village authentique à une altitude moyenne, proximité de la moyenne et de la haute montagne, réserve naturelle, domaine skiable bien équipé, vallon de Notre Dame de la Gorge. Le fait d'être enclavé étant à la fois un atout et un inconvénient.

Le ski de proximité et notre bon enneigement nous ont permis de rester à niveau en terme d'équipement, mais depuis plusieurs années nos voisins ont beaucoup investi dans cette perspective principalement en neige de culture atténuant ainsi les effets de report de clientèle.

Ceci nous à amené à réfléchir à une croissance externe avec également la conviction que les domaines reliés permettent d'offrir un domaine skiable important avec un impact et des investissements limités dans chaque station composant ce domaine, car grâce à l'entretien des pistes et l'évolution du matériel et des remontées, les skieurs parcourent de plus en plus rapidement un domaine et se lassent plus vite. La clientèle étrangère étant aussi de plus en plus attirée par ces vastes domaines.

Devant la difficulté politique de déclencher une liaison des Contamines avec ses voisins, pour éviter l'isolement, nous nous sommes tournés pour cette croissance, vers la reprise des remontées de Saint Gervais, nous permettant de faire partie d'un ensemble important (Evasion qui va de la Giettaz à Hauteluce en passant par Combloux et Megéve), avec la possibilité d'offrir un forfait commun.

 

Quelles seraient vos recommandations pour améliorer la station ?

Les nombreux atouts naturels été comme hiver ne peuvent à eux seuls garantir une bonne fréquentation de la station sans une mise en valeur correspondant aux attentes des clients.

Je crois que le positionnement de la station reste à définir formellement car quel hôtelier ou collectivité accepte d’investir dans une station en manque de notoriété ? Pour trouver cette notoriété, on peut par exemple s'intégrer totalement à un ensemble plus prestigieux: (liaison ski aux pieds) qui permettra de se faire connaître, et ensuite entrer dans une spirale vertueuse en sachant faire valoir nos propres atouts, et en se mettant à niveau en hébergement notamment en terme d'hôtels ou assimilé, et en services associés. Il faut aussi nous adapter à une clientèle étrangère et répondre à ses attentes, créer un pôle d'hébergement de qualité et banalisé en grande partie. A cet égard je dois dire que l’opportunité d’une bonne conjoncture économique n'a pas été saisie ces dernières années.

L’enjeu, et la difficulté c’est de ne pas détruire l'image d'une station village, afin de conserver la clientèle de base des résidents secondaires qui ont choisi la station telle qu'elle est, tout en offrant à une nouvelle clientèle les nouvelles prestations qu’elle attend.

Réaménager le centre du village : circulation, parkings, commerces, hébergement, hôtel pour permettre une zone d'achalandage suffisante et animée me paraît vraiment souhaitable. Il faudrait aussi relier ce centre par un cheminement piéton aménagé et éclairé avec le Lay, et avec la zone située en face du village au Nivorin, zone à urbaniser principalement avec des lits chauds. Le jardin d'enfant au niveau du village mériterait d’être agrandi et amélioré.

Pour l'été principalement je propose d’aménager entièrement le secteur situé entre le pont des Moranches et la Gorge ce qui serait en quelque sorte une extension de la base de loisirs à toutes les activités y compris le rocher d'escalade. En y ajoutant un golf compact des circuits découverte etc... et surtout transformer cette ensemble en produit de promotion.

Je suggère aussi de faire des résidents secondaires (qui sont nos hôtes les plus fidèles) encore plus prescripteurs notamment auprès de leurs enfants.

L'accroissement de capacité mesuré et qualitatif que je souhaite c'est bien entendu pour permettre une modernisation des équipements publics, comme privés, pour améliorer l'image de la station et sa pérennité. Car les frais de fonctionnement publics ou privés augmentant fortement la part réservée aux investissements et renouvellement diminue inéluctablement.

 

Et la liaison Megève-Saint Gervais, qu’en pensez-vous ? Quels sont les bénéfices attendus pour les Contamines ?

Nous l'avons évoquée plus haut c'est l'élément principal qui peut nous donner la capacité de changer l'image de la station, sans détruire son environnement, pour pouvoir intéresser des investisseurs hôteliers ou assimilés. Si nous voulons un avenir radieux sur le plan économique il faudra impérativement la réaliser quelle que soit la solution. La Giettaz est sortie de son isolement grâce à sa liaison avec Megève. La Maurienne à changé d'image grâce aux Sybelles. L'accès à Flaine se fera peut-être bientôt depuis Magland.

Et nous, à 12 km de l'autoroute, si on ne fait rien on sera une curiosité intéressante pour que certains puissent se promener le week-end sans être dérangés certes mais sans contribuer à l'économie locale. A nous de choisir !

 

Denis Le Chatellier - Mai 2008

 

 


  

En janvier 2008, Albert Mermoud livre ses réflexions à l’attention des candidats aux élections municipales qui auront lieu quelques semaines plus tard.

 

Ce que je crois pour l'avenir des ContaminesAlbert Mermoud

L'initiative que vous avez prise de demander l'avis des Contaminards sur ce qu'ils attendent de la prochaine équipe municipale dans sa manière de gérer la commune et d'organiser le développement de notre village est bienvenue. La démocratie ne peut qu'y gagner si on commence à se parler et à accepter de débattre tranquillement, même avec des opinions très divergentes. C’est dans cet esprit que je vous livre mes réflexions. Quant à mes propositions, elles pourront vous surprendre. Quoi qu'il en soit, je serais heureux si elles peuvent alimenter les débats.

Dans la dernière partie de mon livre « Mémoire du Mont-Blanc d'antan, ou la vie dans la vallée de Montjoie », consacrée à ce que j'appelais La « Révolution du tourisme », j'écrivais en 2001 que cette révolution n'était pas terminée, et que la capacité d'adaptation dont les Contaminards avaient fait preuve pour faire de notre vallée la station d'été et d'hiver que nous connaissons allait être bientôt mise à l'épreuve. Cette fois, nous y sommes. Le monde est en pleine mutation. Sur le plan du tourisme, nous devons prendre en compte des changements de tous ordres, climatiques, économiques, écologiques, sociologiques et démographiques. Des études récentes et approfondies sur ces sujets, (voir l'ouvrage collectif Les sports d'hiver en mutation, crise ou révolution géoculturelle sous la direction de Philippe Bourdeau, aux éditions Hermes/Lavoisier - www.science.com) conjuguées aux constatations des socioprofessionnels sur les comportements des clients des stations, montrent bien la nature et l'ampleur de ces changements en cours. Les besoins ont changé et continuent à évoluer vers plus de confort, plus de services de qualité, plus d'attentions, plus de diversité dans les choix de loisirs proposés.

La notion classique de vacances aux sports d'hiver semble dépassée en tant qu'activité uniquement sportive, pour une pratique plus ludique des formes de glisses sur la neige, qui vise davantage des sensations de plaisir en liberté dans l'espace montagnard. Le ski et ses dérivés conservent encore leur caractère valorisant socialement, mais surtout pour ceux qui savent et peuvent pratiquer ces sports hors des pistes balisées et bien lissées. Une hiérarchie s'est établie et les nouveaux matériels vont favoriser ce mouvement, dont le but recherché est tout simplement un instant de pleine liberté "dans cet espace montagnard que l'on rêve vierge. Dans cette recherche de ski plus libre et hors des espaces confinés, les liaisons entre stations sont devenues incontournables. D'autres sports ou jeux de glisse sont demandés et doivent être organisés, même pour les soirées, sur des pistes illuminées et entretenues. D'autres naîtront, que l'on n'imaginent pas aujourd'hui.

Cette évolution s'accompagne d'exigences accrues en qualité des services en hôtellerie et para-hôtellerie. La clientèle de nos stations veut y trouver les mêmes éléments de confort et d'espaces que chez sol Or, beaucoup d'appartements de location construits dans les dernières décennies sont délaissés car trop petits. Elle a besoin aussi que l'on s'occupe de son temps disponible, qu'on lui offre des choses à voir, à faire, dans un vaste choix de possibilités, sujet qui concerne particulièrement les non pratiquants de glisses, constamment oubliés dans nos stations depuis le début des sports d'hiver, dont les personnes âgées qui deviennent aujourd'hui le pôle central de nos clientèles. Dans le même temps, l'ensemble des clientèles opère des transferts de dépenses de certains postes vers d'autres qui se traduisent par des séjours plus courts et plus fréquents et une autre façon de se nourrir. Sur ce plan, on peut s'attendre à une demande de plats moins salés, moins gras, tout au moins peu chargés en cholestérol. Un autre besoin se fait maintenant vivement sentir, celui de s'occuper de soi et de soigner son corps (massages, spa, etc.) Les grandes stations investissent massivement dans ce domaine. Une autre vague de fond apparaît : Le réchauffement climatique engendre un souci de plus en plus marqué pour la nature qui tend en s'accentuant à devenir la nouvelle « religion » à la mode. Lié à une véritable inquiétude sur l'avenir de notre planète, il va imposer des solutions nouvelles, surtout en matière de transport dans les stations, pour moins polluer la montagne. Cela se traduira par une labellisation, déjà en cours, des meilleures stations sur le plan environnemental, qui bénéficieront d'une meilleure image et seront recommandées, au contraire des autres.

Devant ces changements, même les grandes stations internationales ont du mal à mettre en oeuvre une politique de produits adaptée et cohérente pour satisfaire des besoins de plus en plus variés dont certains ne seront qu'éphémères peut-être, mais qui s'imposent aujourd'hui.

C'est à ce défi que notre vallée doit répondre pour préserver son avenir. Nous avons de sérieux atouts mais tout n'est pas acquis, tant s'en faut : climat qui oblige à des activités d'intérieur à organiser ; faible altitude du fond de vallée ; éloigneraient des pistes de ski ; dispersion des hameaux; presque plus d'hôtellerie de bon niveau et pas de niveau international; rien ou presque pour les loisirs de soirée; rien ou presque pour les non glisseurs qui deviennent majoritaires avec l'augmentation de l'âge moyen de la clientèle, et rien d'adapté à cette clientèle en été sur les sentiers de promenades, ni pour les handicapés...

Nous avons cependant la chance d'être gâtés par la nature, avec des atouts majeurs à notre disposition: le massif de Tré-la-Tête avec notre Dôme mythique des Miages, de l'eau à profusion, de l'air que l'on peut croire encore non pollué, une altitude sans contrainte médicale pour les personnes fragiles, une végétation bien vivante et verdoyante, une urbanisation acceptable esthétiquement, des champs de neige de haute qualité reconnue et aménagés en neige de culture «propre », sans souci d'approvisionnement en eau, des espaces encore vierges en fond de vallée qui peuvent être utilisés en été pour des activités de loisirs complémentaires. Et puis, il y a ce cadre général, dont Samivel disait que cette vallée est l'une des plus belles des Alpes. Qr, toutes les enquêtes ont montré jusque-là que la beauté du paysage est la motivation principale du choix de la montagne. Nous avons donc là un atout majeur face à la concurrence internationale. Notre position en cul-de-sac limite considérablement le risque de circulation automobile dans la vallée et par conséquent la pollution par le bruit et les gaz, ce qui constitue un net avantage tout au moins jusqu'à la mise en service de voitures propres et non bruyantes dans un avenir probablement pas très lointain. Mais nous savons aussi que les déplacements éloignés en station sont la bête noire des clients. Ils quittent la ville toxique comme la décrit Edgar Morin, pour trouver une autre façon de vivre pendant les quelques jours de vacances qu'ils s'octroient. S'ils doivent trouver en station les mêmes contraintes de déplacements, d'attentes avec les énervements qu'ils entraînent, ils renonceront et s'orienteront vers d'autres deux plus cléments. Si elle veut conserver ses pouvoirs attractifs, la montagne, été comme hiver, va devoir rester plus que jamais un territoire protégé de toutes les formes de pollutions, capable de procurer le ressourcement physique et psychologique, donner un certain bien-être, du plaisir à vivre, dans un monde plus dur que jamais, où les potentiels de chacun sont mis à l'épreuve en permanence. Le stress semble n'avoir jamais été aussi fort que maintenant et justement dans les couches socioculturelles élevées qui font l'essentiel de nos clientèles. C’est ce défi que la montagne doit relever aujourd'hui et en particulier notre vallée parce qu'elle en a les qualités naturelles.

Alors, quoi faire au niveau municipal pour les prochaines mandatures ? Quoi faire pour compléter ces qualités et compenser ses manques par des équipements adaptés pour rester en course et préserver l'avenir ? Je suis convaincu que la ligne directrice qui doit guider la prochaine municipalité est de donner à notre station le positionnement qui lui convient sur le marché international : une station de haute qualité.

Non seulement, la vallée en a toutes les qualités naturelles nécessaires, mais sa position actuelle à mi-chemin entre les grandes stations huppées et les stations modestes n'est pas tenable ; le marché des sports d'hiver est de plus en plus réservé aux classes les plus aisées, et cela au plan international. La clientèle actuelle est devenue plus élitiste que jamais donc plus exigeante en prestations dans sa diversité et sa qualité, y compris sur le plan de la protection environnementale. Il y a de la place dans cette niche de marché, j'en suis convaincu, pour des stations-villages de haute qualité par leur équipement, leur urbanisme, leur architecture, les services offerts dans tous les domaines recherchés, et affirmant leur caractère, leur identité par la préservation de leurs activités traditionnelles agro-pastorales qu'il faut soutenir autant que possible. Mais notre vallée doit aussi être ouverte sur le monde d'aujourd'hui : Nos ancêtres, durant des siècles, sont allés sillonner les territoires européens dans des conditions très difficiles pour vendre leurs marchandises par le colportage, et permettre à la vallée de vivre et de se développer. Cela reste notre fierté. Aujourd'hui, c'est à toute la clientèle de la planète que nous devons montrer notre savoir faire en lui proposant les vacances de haute qualité qu'elle souhaite.

Quelles mesures faut-il prendre pour atteindre cet objectif de qualité ?

 

1. L'aménagement de la place de la mairie

Sur le Centre, ma position n'a pas changé. La réflexion et les réactions à ce projet m'ont plutôt conforté dans mon opinion : je ne considère pas comme raisonnable ni absolument indispensable de faire une déviation du trafic par la bordure ouest de la place en raison du peu de temps de trafic intense dans une année et de la charge financière qu'elle entraînera. D'autres projets me paraissent beaucoup plus prioritaires.

En revanche, oui, bien sûr, il faut créer de nombreux parkings souterrains sous la place ; élargir très nettement les trottoirs du centre et les prolonger le plus possible vers le pont des Loyers ; interdire le stationnement le long des voies et des trottoirs ; aménager la place avec goût pour en faire un lieu attractif et convivial, avec la présence de commerces pour l’animer dont un hôtel de 3 ou 4 étoiles avec restaurant, brasserie, et un centre de remise en forme pour répondre à la tendance actuelle ; avec des logements à « lits chauds » exclusivement (terminologie employée actuellement pour les lits ouverts à la location touristique, par opposition aux « lits froids » des résidences secondaires non ouvertes ). Pour que cette place soit vivante, il faut absolument exclure l'idée de logements fermés tout au moins pendant les deux saisons, dans un ensemble architectural de haute qualité indispensable à l'entrée du village, laissant de larges ouvertures sur le sud,- le col du Bonhomme et les aiguilles Franches - et l'ouest, le mont Joly. Ce devrait être un lieu de contacts et d'échanges, un lieu naturel de rendez-vous pour boire un verre amicalement en admirant nos montagnes, ou pour jouer aux boules, ou faire du lèche-vitrines à l'abri de la circulation automobile, ... Cette place doit absolument être une réussite architecturale et urbanistique. Elle sera la vitrine, la première impression ressentie par le visiteur; c'est cette impression qu'il gardera et emportera avec lui. Il faut donc qu'elle exprime la vallée, son caractère, digne de l'idée qu'en avait Samivel ( on pourrait lui donner son nom). Il faut que cette place soit à cette hauteur.

 

2. Favoriser la création d'un hôtel-restaurant de haute qualité

Favoriser la création d'un hôtel-restaurant de haute qualité ( 4* ?) sur la place du village,
avec centre de remise en forme complet et très moderne, en mettant le terrain communal
nécessaire à la disposition d'un hôtelier reconnu, dans le cadre d'un bail à construction de
35/40 ans, avec retour à la commune de l'ensemble au bout de cette durée sans possibilité de
changement d'activité. Cet hôtel doit être un des éléments phares de la station.

 

3. Relier les stations autour du mont Joly

Au moment où j'écris, le sort du projet de liaison à l'étude par l'aig. Croche n'est pas confirmé à ma connaissance. Mais on peut penser qu'il a des chances de l'être. Partons donc du postulat que ce projet verra sa réalisation dans les deux ou trois ans. Anticipons encore un peu et imaginons la liaison ouverte. Les stations de Megève, des Contamines, de Saint-Gervais, de Combloux, de Praz-sur-Arly, etc. ont fait une campagne de communication adéquate insistant sur les avantages de cette liaison pour leurs clients. Il est évident pour la clientèle de derrière le mont Joly, comme Megève, pour ne prendre que cet exemple puisque c'est de loin la plus importante, que cette Maison est un magistral plus : partir de Megève en début de matinée pour déboucher à l'aiguille Croche en moins d'une heure devant un panorama unique pour skier toute la journée sur le domaine des Contamines et Hauteluce, nouveau pour elle et de haute qualité, va lui laisser un excellent souvenir. Megève pourra en tirer parti sur le plan de son image, comme ses consœurs voisines, bien sûr, et ses retombées commerciales ne peuvent qu'en être positives.

En est-il de même pour Les Contamines ? Quel bénéfice le skieur de notre station va-t-il trouver dans cette liaison ? Certes, il va pouvoir découvrir un domaine différent, inconnu peut-être, sur Rochebrune et le Mont d'Arbois, mais il devra reprendre toute une série de remontées pour rejoindre ses bases et après sa journée il risque d'être peu emballé, et de ne pas en faire un éloge particulier dans ses conversations ultérieures, donc de publicité de bouche à oreilles, celle qui a le plus d'efficacité pour nous à défaut de moyens suffisants pour utiliser les médias à fort impact. Je peux me tromper, bien sûr, mais je crois que l'effet pour notre station sera bien moindre que pour nos voisines.

L'idéal pour toutes les stations concernées serait d'établir un circuit complet, et ainsi rentrer par un chemin différent de celui emprunté à l'aller. L'idée,( qui était déjà dans l'esprit de Placide Mollard, et ensuite de Bernard Mollard et de Bernard Chevallier, me semble-t-il) est de faire une liaison par télécabine entre Tresse ( par exemple) et Saint-Nicolas-village et le plateau de la Croix pour rejoindre le domaine skiable de cette station, de St-Gervais et du Mont-d'Arbois.

Dans ce cas de figure, tout change. Les clientèles de Megève et de ses consœurs ne se contentent plus de rester sur le domaine du mont Joly / Roselette/Hauteluce et de rentrer sans avoir eu le temps de jeter un coup d’œil au village des Contamines. Elle va, cette fois, descendre au cœur de notre vallée, peut-être s'y arrêter^ flâner un peu avant de rejoindre Tresse par une navette ( à fréquences rapprochées), puis St-Nicolas, dont elle découvrira le charme tout particulier avant de reprendre les remontées mécaniques et les pistes du secteur de St-Gervais/Mont-d'Arbois pour rentrer. Cette fois, l'intérêt va prendre une tout autre dimension, j'en suis convaincu. La clientèle de l'autre versant sera enchantée car on lui on aura offert un produit extraordinaire,unique par sa variété et la beauté du circuit. Economiquement, pour les stations, l'effet sera amplifié, surtout commercialement.

L'effet ne sera pas moindre sur notre clientèle. D est facile d'imaginer l'intérêt présenté par cette nouvelle possibilité. La découverte du village de St-Nicolas, puis des pistes de tout le domaine skiable de ce village, de St-Gervais, du Mont d'Arbois, puis de Rochebrune et du Jaillet, avant le retour en fin d'après-midi par l'aig. Croche. Magnifique journée ! Mais de plus, cette Maison avec St-Nicolas sera utilisée l'été et contribuera grandement à améUorer l'attractivité de nos deux villages à cette saison. Avec un tel produit, les stations autour du mont Joly auront dans la compétition internationale un atout maître à coup sûr. Les retombées économiques seront beaucoup plus grandes pour tous.

Je n'oublie pas dans ce projet de liaison avec St-Nicolas la part de l'histoire : Les liens tout particuliers entretenus entre toutes les familles des deux communautés au sein de la même paroisse pendant des siècles avant le déchirement de la séparation en 1760, voulue par le « quartier d'en haut ». Ce serait bien que les descendants de ceux qui ont coupé les ponts à ce moment-là, soient maintenant à l'origine d'une passerelle entre les deux villages.

Et puis, au-delà, voilà que tout ce monde autour du mont Joly en rivalité depuis des millénaires, pourra se trouver réuni - avant d'être uni administrativement, très probablement dans un avenir peut-être plus proche qu'on pourrait le penser, dans un regroupement des communes actuelles du pays du mont Blanc- (le découpage du territoire en 36 000 communes ne correspond plus aujourd'hui à la nécessité de travailler ensemble en étroite concertation avec ses voisins pour établir un développement harmonieux, coordonné plutôt que rival souvent pour des raisons électoralistes ou esprit de clocher). Joli destin que celui de cette montagne du mont Joly venue d'ailleurs, faite de sédiments poussés par les forces de la nature, qui aujourd'hui s'allie aux lois du marché pour imposer aux hommes ce qu'ils ne feraient sans doute jamais de plein gré : l'unité.

Financement? La Secmh serait-elle intéressée aujourd'hui? Sinon, pourquoi pas une nouvelle formule à mettre en place dans le cadre des investissements éligibles aux fonds de l'ISF ?

 

4. Utiliser les côtes des Creux ( les Croués) pour initier une opération d'urbanisme

Utiliser les côtes des Creux (les Croués) pour initier une opération d'urbanisme  et de logements en location ou copropriété pour les habitante de la commune, les saisonniers, les investisseurs en résidence de tourisme, reliée au projet du secteur de la patinoire. (*)

Ce projet existe dans les cartons depuis les années 70 si mes souvenirs sont bons. Pourquoi pas le sortir, voir ce qu'il vaut aujourd'hui, le réactualiser et le lancer en le mixant avec le projet d'aménagement du secteur de la patinoire évoqué par Bernard Chevallier ? Ce projet très conséquent pourrait peut-être re dynamiser tout le secteur allant de la mairie au pont des Loyers. Il pourrait comporter des salles pour des usages multiples : jeux de sociétés, de sports, jeux de cartes, ateliers de peintures, modelage, informatique, etc. nécessaires par mauvais temps pour compléter les activités dominantes de la station.

 

5. Refaire un sentier piétonnier plus confortable Jusqu'à Notre-Dame de la Gorge

La clientèle de la montagne vient pour marcher quand elle ne skie pas ou ne fait pas de l'alpinisme, mais elle vieillit, les statistiques et l'observation le démontrent. Le terrain plat de la vallée jusqu'à la Gorge lui convient bien, agréable en bordure du Bonnant, bien ombragé et frais, mais le sentier actuel est trop rustique et trop étroit, sans bancs de repos, sans revêtement perméable qui permet de l'emprunter facilement les jours de pluie. Ce parcours arrangé, élargi pourrait être agrémenté l'été par des massifs de fleurs, ou ?...L'hiver, il serait ouvert impérativement avec la même urgence que les pistes de ski (satisfaction de la clientèle des non glisseurs oblige !).

 

6. Favoriser la création de maisons d'hôtes de grande qualité (style « chambres et maisons d'hôtes de charme » )

Cette formule très en vogue aujourd'hui ne remplacera pas réellement les hôtels disparus, mais peut apporter une réelle amélioration à ce manque d'hôtellerie qui se manifeste chez nous comme dans toutes les stations, en dehors des plus huppées fréquentées par les grandes fortunes du globe. Des exemples parfaitement réussis sont connus aux Contamines.

On peut aisément s'en inspirer. La population des Contamines à laquelle je pense pour se lancer dans ce genre d'activités hôtelières pourrait y trouver du travail, des revenus supplémentaires, le plaisir d'entreprendre et de s'épanouir peut-être par les échanges socioculturels qu'elles permettent. Je pense aux familles qui disposent de fermes traditionnelles et qui pourraient être aménagées en maisons d'hôtes agréées, dans le cadre de l'amélioration de l'habitat, avec le concours technique, administratif, financier des organismes appropriés, dont européens.

Une telle entreprise demande une préparation et un soutien avant, pendant et après la réalisation proprement dite, pour des non professionnels. Je pense qu'un service spécialisé au plan du Sivom Mont-Blanc pour encadrer un tel projet et le soutenir serait le bienvenu. Sans ce soutien, je crains que peu de candidats oseront franchir tous les obstacles, y compris ceux de la formation préalable indispensable.

Ne serait-ce pas un moyen intéressant d'aider la population locale, les jeunes en particulier qui ont le sens de l'accueil, le goût de la cuisine, le goût de la décoration, et qui voudraient pouvoir rester au pays ?

 

7. Mettre en œuvre la restauration de la chapelle de Notre-Dame de la Gorge

C'est un point capital dans le cadre de cette opération globale de recherche de haute qualité. Ce joyau de la vallée doit être restauré au plus vite et au mieux.

 

8. Terminer l'aménagement de la zone de loisirs du Praz - La Duchère

Terminer l'aménagement de la zone de loisirs du Praz - La Duchère  par un produit haut de gamme : un golf de 18 trous. Cette zone de loisirs ne manque pas d'allure ni d'intérêt. Sa fréquentation en témoigne et c'est justice. Elle peut encore évoluer, peut-être en chauffant l'eau du lac de baignade par des moyens techniques modernes et écologiques? Mais il reste un vide : Le practice de golf n'a pas de suite et c'est dommage. Pourtant il existe dans les tiroirs un projet de golf de 18 trous qu'avait initié B. Chevallier en son temps, ainsi qu'un autre projet complémentaire au practice envisagé par Valérie Horellou, projets laissés en sommeil pour d'autres priorités. Ces projets avaient l'avantage de se situer sur des terrains non constructibles, avec de l'eau à profusion à proximité,( donc sans reproche possible du point de vue de l'environnement), et un parcours varié et agréable, il faudrait les reprendre et voir comment les réaliser et les financer ( PME éligible aux fonds ISF ?)

Avec l'aménagement du centre attractif, son hôtel 4*, le centre de remise en forme, la liaison en circuit des stations autour du mont Joly, quelques maisons d'hôtes haut de gamme, ce golf donnerait vraiment une allure de classe supérieure à la station et amènerait une clientèle nouvelle tout en fidélisant l'ancienne.

 

9. Mettre en place une structure d'apprentissage de l'anglais dès la première année de maternelle

Un impératif absolu si on veut préparer un avenir à tous les enfants de la commune pour travailler dans une station touristique comme la nôtre : mettre en place une structure d'apprentissage de l'anglais dès la première année de maternelle, ainsi que de l'italien.

Dans une station touristique qui doit accueillir une clientèle internationale de niveau socioculturel moyen-supérieur ou élevé, la population locale doit parler au moins l'anglais et, petit plus, la langue de nos proches voisins italiens.

 

10. Avoir pour directeur de l'O.T. un véritable directeur du développement

Je m'explique. Certes, un directeur d'office du tourisme doit faire l'information, l'accueil, trouver les prescripteurs capables d'informer et surtout de recommander la station, travailler à mettre en valeur son image et sa notoriété, inventer ou stimuler diverses formes d'activités de loisirs, surtout les jours de mauvais temps, mais aussi, - et c'est pourquoi j'emploie à dessein le terme de directeur du développement - il doit, à mon sens, être chargé de rendre compte des innovations qui ont lieu chez les concurrents, français et étrangers, des effets, des contraintes, et par suite, de proposer des améliorations possibles dans toutes les prestations offertes par la station. Un office régional de statistiques sur la fréquentation passée n'est plus suffisant, voire même inutile. Il faut regarder devant ce qui se fait ou va se faire. Pas derrière : c'est déjà constaté par les socioprofessionnels, et c'est donc du passé. Ce travail de recherche et d'innovation est devenu maintenant indispensable, mais peut-être en collaboration avec d'autres partenaires.

Une station devient une véritable entreprise, avec toutes ses contraintes que l'ouverture au monde obligent à prendre en compte. Et ça n'est pas souvent à sa mesure, malheureusement. Le ministère du tourisme devrait y songer. Pardon, j'avais failli oublié qu'en France un poste gouvernemental chargé du tourisme est offert en général à un quidam politique qui n'y connaît rien, qui s'en moque comme d'une guigne et de toute façon n'a aucun moyen ou presque. Cela a-t-il des chances de changer ?

 

11. Trouver un moyen de réveiller les lits en sommeil

Je veux parler des résidences secondaires fermées une quarantaine de semaines par an. Les Suisses ont essayé des choses, les Autrichiens aussi, pour des résultats pas très transposables. On parle aussi d'une expérience faite aux Carroz d'Araches, à suivre et peut-être à s'inspirer. Le problème est des plus sérieux et les solutions pas évidentes. Pourtant, il faudrait bien trouver des incitations avantageuses pour tous avant que la commune ne meure étouffée sous le poids inerte de ces résidences non actives. Mais sur le sujet, je suis sec de solutions viables. Une résidence secondaire équipée pour la location ne peut pas être le cocon que l'on aimerait trouver après l'appartement de la ville pour s'y sentir bien, avec ses affaires personnelles qui en font l'âme et le charme pour se ressourcer. Aucune incitation fiscale n'en sera l'équivalent. Alors, vaine question ?

Vaste programme que tout cela ! Et pourtant nécessaire à mon sens si la vallée veut poursuivre sa belle aventure avec le tourisme.

 

 

Albert Mermoud. 14 janvier 2008

 

(*) Additif de Mars 2008: Bernard Chevallier me rappelle qu'un projet d'aménagement important à Nivorin faisant la liaison avec le centre avait aussi été étudié et laissé en sommeil. Je l'avais oublié. A mettre en concurrence, donc, avec ce projet des Creux. Peut-être est-il meilleur ?

 

 


  

L'appel de la Montagne (1959 - 2008)...

 

Nous avons « débarqué » aux Contamines en 1959 : à la suite d'un quiproquo, nous avons été amenés à abandonner le Pays Basque où la mer prime sur la montagne, ce qui convenait parfaitement à notre fils alors âgé de 11 ans.

Devant notre désarroi, un couple d'amis nous a alors recommandé l'Hôtel du Bonhomme aux Contamines Montjoie.

Je n'ignorais pas l'existence de ce village de Haute Savoie car les événements des années 40 m'avaient conduit à Hauteluce, de l'autre côté du Col du Joly (département de la Savoie).

A cette époque, les gens d'Hauteluce considéraient les Contaminards comme des sauvages!!! Querelle de clocher probablement due à la jalousie : en effet, le Massif du Mont Blanc est visible de quelques endroits seulement, depuis Hauteluce, caché qu'il est par le col du Joly !

Enfin, on verrait bien !

 

Ce fut vite «bien» vu. L'accueil de la famille CAMORS-BOCHATAY fut convaincant, comme celui des «gens du pays» fort agréable !

Nous y revînmes plusieurs fois, en saison d'été et en saison d'hiver.

Personnellement, je préférais l'été car, ayant pratiqué le ski par nécessite au cours de mon séjour à Hauteluce, j'en connaissais les risque et ne voulais pas compromettre ma carrière professionnelle par un accident qui m'aurait immobilisé trop longtemps.

En revanche, « l'appel de la Montagne » ressenti une quinzaine d'années auparavant, se fit à nouveau entendre et la randonnée fut le but de nos explorations. Puis vint l'étape suivante où nos prétentions se limitèrent aux refuges : Albert 1er, Tête Rousse, l'Envers des Aiguilles et même le Requin.

Mais quel que soit l'accueil du Bonhomme (malgré ses chambres quelque peu Spartiates), l'idée d'une demeure secondaire nous plut. C'était en 1961.

 

Déjà, à cette époque, les terrains disponibles n'étaient pas très nombreux et un grand champ de plus de 4 000 mz venait d'être scindé en trois lots par son propriétaire, à la Chapelle. La Chapelle était un hameau bien sympathique, pas trop loin du village.

Outre la Chapelle, quelques chalets anciens constituaient le hameau. Le principal était habité par la famille de Fernand MOLLARD, secrétaire de Mairie, dont la fréquentation était passionnante tant il savait de choses sur les êtres et la nature. Grâce à lui, j'ai appris beaucoup de choses sur cet attachant village.

La route qui descend du village par la Favière n'était pas goudronnée: en dehors de cet autre hameau, qu'aurait-elle desservi ?

 

Notre chalet, « La Girotte », construit en 1962 est contemporain d'un autre, face à la Chapelle, construit par un médecin du Plateau d'Assy, dont la famille, après sa disparition subite, devint amie : les toutes premières relations s'établirent entre nos enfants sur les pistes de ski.

De même, « l'Eau vive », construit sur la partie sud du lotissement dont il vient d'être parlé. Ce n'est qu'ensuite que fut construit « Le Bidou » sur le flan nord du lotissement, puis un quatrième, qui est voisin à celui du Docteur VILLEMIN.

Les cinq familles devinrent vite « amies » et se félicitaient de l'atmosphère conviviale de ce hameau qu'animaient principalement la famille MOLLARD, le menuisier MERMOUD et la scierie BOUVARD qui utilisait la force motrice du torrent, à proximité immédiate du Pont du Plan du Moulin.

 

Lorsque trois de ces chalets changèrent de propriétaires, rien ne changea et maintenant nom constitutions le « noyau » du hameau.

Ce n'est que plus tard que furent construits d'autres chalets avec lesquels la même atmosphère ne se renouvela point.

Ne parlons pas des « ateliers municipaux » dont l'esthétique n'est pas une réussite et dont l'activité apporte quelques nuisances.

A propos de la route du Plan du Moulin, tous les propriétaires ont à se plaindre de la signalisation existant au carrefour de la Gorge invitant les automobilistes à éviter le centre du village !

 

Autre souci, le gros entretien de la « Chapelle » ; l'une des riveraines fait ce qu'elle peut, mais elle n'est ni maçon ni couvreur !

Il n'en demeure pas moins que ce hameau est le nôtre, nous avons la chance de bien le connaître (il y a même un restaurant accueillant, pas loin du carrefour de la route qui mène à St Gervais) ;

 

Nous l'aimons, nous souhaitons que tous les hameaux des Contamines connaissent la même quiétude, la même intimité !

 

 

Jean Alexis PERNELLE - Avril 2008

 

 


  

Enquête de 2005 sur les aménagements aux Contamines

 

Au début de l'année 2005, les adhérents de l'association ont répondu à l'enquête « Quelles priorités pour les Contamines ? » ; l'idée de cette démarche était de préciser les attentes des membres de l'association en matière d'aménagement. 

 

Circulation

La priorité est accordée à l’agrément des piétons, avec en particulier l’élargissement des trottoirs, puis la création de sentiers réservés aux piétons.

Le développement des navettes apparaît ensuite comme relativement important.

Enfin, les projets liés à la circulation des voitures, suscitent moins d’enthousiasme. Le projet de la Mairie d’évitement du centre de la station, tout comme un nouveau projet utilisant un tracé différent, est considéré comme d’importance secondaire, voire inopportun.

Le coût de ces projets ou la gêne occasionnée par les travaux, pourraient être à l’origine de cette méfiance. Le contournement du centre par les voies de circulation existantes provoque moins de réserves.

 

Stationnement

Les mesures impliquant peu de travaux sont préférées : l’interdiction de stationner pendant les heures d’affluence ou l’aménagement des parkings existants reçoivent bien plus de réponses favorables que le projet de parking derrière le Chamois ou la création d’autres parcs, que ce soit en surface ou couverts.

 

Equipements

Les différentes propositions ne suscitent pas un enthousiasme débordant.

L’aménagement de la place devant l’office du tourisme, les actions en faveur des commerces ou des équipements sportifs reçoivent un accueil plutôt favorable.

En revanche, la création d’une piscine ou celle d’une patinoire artificielle reçoivent même des réponses assez négatives. Peut-être s’agit-il de la même peur des hausses des impôts locaux…

La modernisation de l’école ne semble pas concerner les sondés.

 

Architecture

Un large consensus s‘établit autour des trois propositions, et en particulier de la mise en valeur du patrimoine de la commune.

Une plus grande rigueur quant à l’esthétique des nouveaux bâtiments et des incitations pour l’amélioration des bâtiments existants sont également largement plébiscités.

 

Infrastructures

La fin de l’enfouissement des lignes électriques provoque une quasi-unanimité.

L’amélioration de la qualité des services (collecte des ordures, distribution du courrier…) semble aussi la bienvenue.

L’arrivée du gaz ou la modernisation de l’office du tourisme suscitent moins d’intérêt.

 

Animation

L’amélioration de l’organisation des activités de ski des enfants et leur accueil sont une priorité. Les projets pour mieux faire connaître la Réserve Naturelle et la montagne en général sont aussi très bien accueillis.

Le développement de congrès et séminaires est moins bien accepté.

Enfin, le développement des animations nocturnes est largement rejeté.

 

 

François Deschamps et Hugues Ferré